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Interview-Elections législatives, nouvelle constitution : Dr Saliou Bella Diallo fait des confidences (Exclusif)

Le débat en cours sur la nouvelle constitution et les prochaines élections législatives en Guinée, nous réserve des surprises. Très silencieux par rapport à ce sujet, Dr Saliou Bella Diallo, leader du parti AFIA, porte-parole de la mouvance présidentielle, président de la Coalition des partis alliés à la mouvance présidentielles (CAMP), membre fondateur de la Coalition pour la Nouvelle Constitution (CODENOC) a fait des confidences à votre quotidien en ligne cette semaine. Dans cette interview de plusieurs heures, l’ancien ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle, du Travail et de l’Emploi, est revenu sur leur stratégie afin de doter la Guinée d’une nouvelle constitution. Il a également évoqué le sujet lié à l’organisation des prochaines consultations électorales, notamment les législatives de 2019 et la présidentielle de 2020. Lisez plutôt !!!

GLOBALGUINEE.INFO: Bonsoir Docteur. Merci de nous avoir accordé cette interview. Tout d’abord, le débat en cours sur la nouvelle constitution fait plus que rage en ce moment en Guinée. La primature suite à une instruction du chef de l’Etat, a engagé des consultations nationales avec les acteurs sociaux et politiques. Comment vous analysez le débat en cours ?

DR SALIOU BELLA DIALLO : le Débat ce poursuit de façon la plus normale et la plus dynamique, puisque le Pr Alpha Condé a donné ordre au Premier ministre, chef du Gouvernement un cadre que tout le monde connait. Avec son franc parlé, et bien sûr ses attributions, il est entrain de faire les consultations avec les institutions et ça se passent excellemment bien. Après l’Assemblée nationale, les autres institutions, il a commencé avec les autres partis politiques. La mouvance a rencontré le Premier ministre lundi et tout s’est passé dans les bonnes conditions.

Il y a pourtant vos adversaires politiques de taille, notamment l’UFDG, l’UFR, le BL qui assurent qu’ils n’iront pas à ses consultations. Ça vous dit quoi ?

Ce ne sont pas de bons signes dans une bonne démocratie. Étant donné que cette démocratie, est entrain de faire son chemin en Guinée grâce au Pr Alpha Condé, à partir de fin 2010. Depuis qu’il a été investi, il est entrain de faire ses preuves, il a mit en place toutes les institutions, il    a créé d’autres tel que le chef de file de l’opposition que tout le monde reconnait. C’est un acte magnanime, très galant. Et la démocratie donc gagnante du terrain, les cadres qui ont occupé des postes importants, qui ont géré des partis il y a longtemps, et qui en ont l’expérience sur lesquelles tout le monde compte, ils ne doivent pas décevoir en boudant une consultation, une concertation, un dialogue. Surtout que c’est eux qui étaient les premiers à promouvoir le dialogue pour que nous puissions avoir les solutions aux problèmes qui se posaient à la Guinée.  Donc nous demandons à ceux-ci de mieux réfléchir. Ils ont été premier ministres, ils ont géré le pays, tout le monde sait, donc ils ne doivent pas fermer la porte à quelqu’un qui demande ‘’retrouvons-nous, parlons pour trouver des solutions qui se posent encore à la Guinée’’.

Vous êtes président de la CAMP, aussi du parti AFIA, membre de la coalition nationale pour une nouvelle constitution (CODENOC). Quelles sont vos stratégies ?

D’abord, c’est de nous entendre au niveau de la mouvance. C’est assurer la cohésion parfaite entre les partis qui sont à la mouvance, instaurer un bon climat de collaboration, de concertation et de coopération entre les différents partis au sein de ses alliances pour que nous puissions avoir des facteurs positifs assez importants et nombreux pour que nous puissions atteindre les objectifs que nous allons nous fixer bientôt. Surtout au niveau de la nouvelle constitution et au niveau des élections législatives et présidentielles qui pointent à l’horizon.

Vous avez rencontré le PM ce lundi à la primature. De quoi a-t-il été question ?

Le PM nous a parlés de son souci pour la paix et l’unité nationale. Il nous a invités à nous organiser pour ce que je viens de vous dire (la nouvelle constitution), mais pour être claire, il nous parlés de deux points : les élections législatives et la nouvelle constitution. Donc, ça s’est bien passé. Nous avons tous convenu que l’institution républicaine chargée de gérer les élections doit faire son travail mais nous de la mouvance, nous lui avons assuré notre disponibilité pour toute décision que la CENI prendra nous soutiendrons cette décision. Ensuite, au niveau de la nouvelle constitution qui constituait le deuxième point, nous lui avons dit que nous adhérons à l’esprit d’une nouvelle constitution, puisque la constitution que nous avons jusqu’à maintenant  a beaucoup de lacune, elle a été mise en place par un régime d’exception mais aussi par un CNT qui est le conseil national de transition, qui n’est qu’un résultat de personnes recrutées et recensées de façon aléatoire, mais ce ne sont pas de personnes élues. Et la même constitution n’a jamais été soumise à un référendum. Jusqu’à présent, c’est en fait par consensus que nous sommes entrain de fonctionner. Mais aussi pire, on avait décidé à Ouagadougou et à Conakry, que cette constitution devait être soumise à un référendum dans les six mois qui suivaient. Les acteurs de l’opposition actuellement, et pas les moindre, ceux-même qui ont été des Premiers ministres, ont reconnu ça. Ils l’ont même dit tout récemment. C’est dire que réellement, le Pr Alpha Condé qui tient à faire compter parmi son bilan, la nouvelle constitution, c’est quelque chose qui est la bienvenue. Après avoir mis en place les autres institutions, je pense qu’il veut doter la Guinée maintenant d’une constitution qui serait conforme à notre état actuel. Un pays riche, un pays qui a une population modeste, un pays qui doit assurer son développement (…)

Devant vous se trouve le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Cette plate-forme promet de vous barrer la route. N’avez-vous pas des craintes ?

Nous ne craignons rien. On a déjà mis en place une plateforme qui va faire face au FNDC. C’est la CODENOC (la Coalition Démocratique pour la Nouvelle Constitution). J’ai le privilège de faire parti de cette équipe et de travailler intensément. Je n’ai jamais été absent à toutes nos réunions. Je suis donc fondateurs profondément aguerri et adhérant à cette institution. La CODENOC est entrain de s’installer et je vous assure, l’optimisme est à 100% permis. Donc, c’est le jeu démocratique, nous allons travailler pour montrer à tous ceux qui veulent prêter attention, que nous contrôlons la situation (…) Je n’en doute point que la victoire est à nous.

La CENI a annoncé une date pour la tenue des élections législatives. Le 28 décembre prochain est celle qui a été choisie par l’institution électorale. Quel regard jetez-vous sur la procédure électorale en cours ?

Je vous ai dis, nous adhérons, nous de la mouvance à toute décision de la CENI qui est l’institution chargée d’organiser les élections et les référendums en Guinée. Si la CENI a planché pour voir toutes les activités lignes et colonnes, annonce que le 28 décembre 2019 sera le moment des élections, moi je pense qu’il faut faire confiance à la CENI. C’est une institution qui a de l’expérience, qui a fait ses preuves, qui a déjà organisé les élections communales, dont certains membres sont là depuis longtemps sans compter les anciens qui peuvent aussi conseillés les nouveaux qui sont arrivés. Leur formation est continue, donc puisque l’actuelle assemblée est expirée, soyons conscients que nous n’avons aucun argument valable pour dire que nous ne pouvons pas aller à ses élections cette année. Etant donné qu’en 2020, nous avons réellement les élections présidentielles, qui ne doivent pas être déplacées. Et cela, il faut du sérieux face au sérieux. Les élections présidentielles, c’est super sérieux. Donc il faut être sérieux pour voir comment il faut liquider cette affaire et mettre en place une assemblée qui vient d’une élection nationale. Nous adhérons pour ça !

Des remous se font sentir au sein de la CENI. Cela ne risque-t-il pas d’affecter la bonne marche du scrutin ?

D’abord, les membres de la CENI c’est des commissaires. Normalement, ils n’appartiennent plus à un parti politique. A partir du moment qu’ils ont prêté serment, c’est des commissaires. Ils sont au niveau national, et ils sont pendant sept ans, chargés d’une mission précise. C’est de gérer les élections et les référendums dans le pays. Donc, ils ne doivent plus écouter leurs partis politiques originaires (RPG, UFDG, UFR…Ndlr). Maintenant, c’est des citoyens, c’est des cadres qui sont dans une institution assez importante, qui est la CENI. Nous les invitons à se rappeler de ca. Nous respectons leurs prestations de serment, et leur engagement. Ils doivent revenir à la normale pour faire leur travail. Ca, il s’agit de respecter tout simplement la loi.

Votre parti AFIA ira-t-il à ses élections législatives ?

Nous avons été à toutes les élections depuis notre adhésion en 2011. On a été seul aux élections législatives de 2013. Nous avons été aux élections présidentielles de 2015 avec le RPG Arc-en-ciel. Nous avons été aux élections communales de 2018 avec le RPG, et nous allons encore revoir notre stratégie pour obtenir la majorité à l’Assemblée nationale pour travailler avec les gens pour les années qui vont venir. Aller seul ou aller avec les autres, c’est toujours aller aux élections législatives. Ce que je vais vous dire, en tant que président du Parti AFIA, nous irons aux élections législatives qui seront organisées par la CENI en 2019.

Par rapport aux prochaines consultations électorales, des personnes pas les moindres dans vos rangs trouvent qu’il est nécessaire de coupler les législatives et le référendum. Pour partager cet avis ?

On n’en a pas encore parlé. Il y a quelques mois, si vous vous rappelez, dans une interview que Globalguinee.info m’avait accordé, je vous ai dis que les élections en République de Guinée, je suis pour une étude totalement économique basée sur l’observance d’une économie en ressources humaines, matérielles, et financières. Donc, tout ce qui est mieux pour la Guinée et les Guinéens, la mouvance, particulièrement le parti AFIA, est d’accord pour ça. Nous n’avons pas encore parlé, mais rassurez-vous que nous sommes ouverts. Entre nous, nous allons observer tout ça, et cela rentre d’ailleurs dans le cadre de la stratégie électorale. Trois types d’élections dont le mandat est de 5 ans-5 ans, avec le coût que cela fait, le coût objectif et le coût réel qui n’est souvent pas connu, quand vous comparez, c’est une cause de sous-développement. Il faut qu’on soit conscient de cela (…) Les élections pillent les pays en voie de développement actuellement et, au-delà des rideaux, c’est les pays occidentaux qui pillent la Guinée à travers l’organisation des élections au nom d’une démocratie entre guillemet.

L’opposition jure qu’elle n’ira pas à ses élections sans que le fichier électoral ne soit assaini. Quelle est votre lecture ?

En réalité le comité de suivi après nos cinq (5) dialogues était chargé de travailler avec les partis politiques, les institutions républicaines chargées de gérer les élections, mais aussi avec la société civile et tout le monde. Et je pense que ca beaucoup évolué. Actuellement pour les élections législatives, une révision exceptionnelle peut être faite en augmentant les ressources pour diminuer la durée. Une révision normale c’est 90 jours, une révision exceptionnelle peut même être en moins 30 jours en augmentant les ressources humaines, financières, et matérielles. Tout le monde le sait, c’est très facile. Si nous sommes disponibles, nous pouvons le faire. Et, c’est l’opposition et la mouvance qui se sont assieds pour prolonger un peu jusqu’à l’organisation des élections législatives le mandat de l’Assemblée (…) Il faut que les gens sachent, aussi bien la mouvance que l’opposition, doivent se mettre d’accord pour que nous puissions organiser ses élections. C’est fondamental.

Interview réalisée par Alpha Madiou BAH

(+224) 621 861 269

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