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Dr Saliou Bella Diallo, porte-parole de la mouvance : « un mandat de 7 ans, c’est mieux… » (Entretien exclusif)

Dans une interview de plusieurs minutes qu’il nous a accordées dimanche, le  porte-parole de la mouvance présidentielle, Dr Saliou Bella Diallo est revenu sur sa mission à la tête de l’Autorité Nationale d’Assurance Qualité. Nommé récemment par le chef de l’Etat Alpha Condé, président du Conseil d’Administration de l’ANAQ, l’ancien ministre de l’enseignement technique sous la transition militaire, livre sa lecture sur l’enseignement guinéen, les reformes entreprises par le ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Avec le leader du Parti Afia, il est aussi question d’actualité politique. Liez plutôt…(Exclusif)

Globalguinee.info : Vous venez de prendre fonction à la tête de l’ANAQ. Quelle sera votre mission au sein de cette institution ?

Dr Saliou Bella : La mission principale du Conseil d’Administration de l’Autorité Nationale d’Assurance Qualité, c’est d’accompagner avec objectivité, loyauté, responsabilité et neutralité les deux autres organes aussi. Le conseil scientifique et le secrétariat exécutif et en même temps de s’ajouter à eux pour que, ensemble les trois organes puissent effectivement booster de loin et plus haut la qualité de la formation dans le secteur éducatif guinéen.

Dr, selon d’aucuns, la qualité de l’enseignement n’est pas du tout à la hauteur dans notre. Que comptez-vous faire pour rehausser le niveau d’enseignement en Guinée ?

Non, c’est vous qui le dites. Le diagnostic n’est pas encore réellement posé. Ce que nous devons reconnaitre, on n’a beaucoup d’institutions de formation aussi bien publiques que privées. La qualité, il faut faire des évaluations pour connaitre le niveau réel, poser un diagnostic réel. Ce qui est objectif en Guinée, on n’a beaucoup d’institutions de formation. Donc, ces institutions de formation, sont entrain de faire autant que possible leur travail. Et sans des éléments objectifs, on ne peut pas se prononcer sur leurs qualités. Mais nous ne baissons pas la tête face aux pays de la sous-région. Donc nous n’avons pas à démériter, ou à nous précipiter à poser des diagnostics de présomption de gauche à droite. Ce qui est clair, depuis l’indépendance il y a beaucoup de chose qui sont faites. Et nos cadres travaillent à travers le monde entier. Je me rappel au cours de la première république, combien de fois nos enseignants ont été recherchés, et bien accueillis au niveau de plusieurs pays d’Afrique et même ailleurs. Je connais comment nous on est sorti pour étudier ailleurs. Quel est le niveau que nous avons, des résultats nous avons obtenus. Donc, c’est pas la peine de jeter l’anathème à la Guinée. Nous avons vraiment des résultats élogieux  et puisque c’est la mondialisation, chaque pays est entrain de prendre des dispositions pour être plus compétitif.

Les diplômes Guinéens sont minimisés ailleurs, le rappelait récemment le ministre Yéro Baldé. Comment revaloriser nos diplômes ?

Vous journalistes, c’est vous qui le dites hein. Moi je n’ai pas encore d’éléments pour dire que les diplômes sont minimisés. Pour moi, je n’ai pas eu des diplômes qui ont été refusés dans un autre pays. Moi mes diplômes que j’ai montrés ailleurs, ont été bien reçus en France et partout. Et donc, nous venons de prendre fonction, nous allons réellement nous mettre au travail, nous allons poser le diagnostic après ça, nous aurons nos mots à dire. C’est après avoir posé un diagnostic, qu’on peut donner un constat et finalement, élaborer des stratégies de redressement. Mais ce que vous devez savoir, notre mission nous la ferrons avec toute l’ardeur, et toute la volonté en nous servent de tous les moyens dont nous disposerons pour que nous puissions atteindre les objectifs que nous allons nous fixés ensemble.

Vers l’orientation des bacheliers en faculté de médecine. Trois années après, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique pose des conditions par rapport à son application. Qu’en dites-vous ?

Vous savez que c’est notre ministre. Il faut reconnaitre que c’est un ministre compétent, qui est entrain d’apporter des choses nouvelles au niveau du département que nous soutenons avec tout l’engagement possible, puisque c’est des innovations assez importantes, assez patriotiques et républicaines. Donc, nous les saluons. Les effectifs pléthoriques étaient-là. Et, grâce à ses décisions salutaires, les choses sont entrain de se redresser réellement au niveau de la faculté de médecine, actuellement appelé les sciences et techniques de la santé. C’est-à-dire la faculté des sciences et techniques de la santé, qui regroupe non seulement la partie médicale mais la partie aussi paramédicales aussi bien au niveau de la médecine qu’au niveau de la pharmacie, et les autres sciences affiliées à la santé. Donc c’est des reformes que le ministre et le Gouvernement sont entrain d’innover et d’appliquer qui font leur chemin, ainsi que les infrastructures importantes qu’on est entrain de mettre sur place. Tout cela rentre dans le cadre de la qualification de la qualité. C’est-à-dire notre institution ne peut que saluer cela et puis prendre toutes les dispositions pour mériter les réformes qu’on est entrain de faire. Amener toutes les institutions aussi bien privées que publiques à profiter de ses opportunités pour pouvoir qualifier d’avantage la qualité de la formation pour que nous ayons des cadres compétents et compétitifs.

Autre réforme du ministre Yéro Baldé, c’est bien l’instauration de la formation militaire dans les facultés. Un commentaire là-dessus ?

Moi j’ai été le meilleur tireur de ma promotion au camp Kwamé Nkrumah. C’était au temps du colonel Thiam qui était le directeur du camp. C’est quelque chose de très salutaire. Pour parachever la formation pré-universitaire, professionnelle et universitaire, normalement tout le monde devait passer à sa formation physique pour être vraiment un officier de réserve. Nous, nous sommes des officiers de réserve. Je vous dis que personnellement moi j’ai été au niveau du secondaire, élève à la cité de Kalédou où nous avons fait une formation pratique militaire assez dense. Nous avons utilisé les armes qui étaient à notre disposition. Beaucoup de types. Nous pouvons à tout moment, on ne le souhaite pas, mais un citoyen doit être un militaire prêt à défendre sa patrie si le cas se présentait. Nous souhaitons la paix et l’unité de notre pays, mais un citoyen quelconque, quelque soit le sexe, l’âge et la profession, il doit se considérer comme un soldat pour défendre sa patrie. Et c’est ce qui doit continuer. C’est à cet esprit que le ministre a pensé à ça et moi je salue la décision et je soutiens.

Détours sur la scène politique guinéenne Dr Saliou Bella. Les législatives dans les conditions normales doivent se tenir cette année (2019). Mais jusque-là, même si la CENI est installée, elle reste muette sur la question. Comment tenir ce scrutin à bonne date?

Personnellement, je l’ai toujours dis, moi je suis pour un mandat plus important et pour une association des élections.

Un mandat plus important ? C’est-à-dire ?

C’est-à-dire que chaque élection face son travail en donnant des élus avec un mandat suffisant nous permettant d’espacer les élections. Et ensuite, associer les types d’élections pour que nous puissions réduire au maximum les dépenses qui sont colossales par rapport à notre pays. Puisqu’on ne peut jamais calculer réellement le coût d’une élection. Prenez tous les types d’élections. Vous ne pouvez pas. En 2013, on a organisé les élections législatives pour combien de listes, combien de candidats et pour quel coût ? Quand vous venez en 2015, les élections présidentielles, il y avait combien de candidat ? Et chaque candidat a dépensé combien ? Que ça soit des dépenses officielles ou officieuses. Pour déboucher  aux dernières élections de 2018, concernant les communales, combien de listes communales aussi bien urbaines que rurales ? Et avec quelles dépenses ? Tout cela en combien d’années ? Nous organisons trois types d’élections en moyen de 10 ans, avec des candidatures que vous connaissez et les gens voulaient aussi qu’on ajoute les élections au niveau des quartiers et districts qui sont plus compliqués. Au fur et à mesure qu’on descend, au fur et à mesure ces élections se compliquent, elles sont plus couteuses. Et pour quelle économie alors qu’on n’a besoin de se développer ? Et si on calcul le montant X, nous verrons que les 90 % au moins profitent aux nantis, aux pays développés. Puisque tout ce qu’ont utilisent, appartiennent ou viennent de ces pays. Nous, qu’est-ce qui nous profites ? Alors, nous devons être plus intelligent, penser à la combinaison des types d’élections, et puis aux mandats, pour que nous puissions nous reposer. Ce repos, non seulement on a fait des économies au niveau de l’organisation des élections, mais aussi, on a le temps pour nous développer. C’est ce qui est important.

Le mandat il est bien précis. 5 années renouvelables une fois non ?

En réalité pour des présidentielles, un mandat de 7 ans c’est mieux. Il peut être renouvelable ou non. Tout cela dépend de la population. Mais 5 ans pour les communales, 5 ans pour les législatives, 5 ans aussi pour les présidentielles, voyez-vous ? A moins qu’on ne les combine.  Toutes les trois élections, on les fait en même temps, ça fait une économie et là, ça nous permet de nous préparer réellement à chaque 5ans. Mais imaginez-vous, des élections à intervalle de 5 ans, on ne peut utiliser pour le pays que 3 ans (C’est-à-dire ceux qui sont élus, il leur faut une année pour s’installer, et après dès la 4ème année, ils sont déjà en campagne pour la prochaine élection. Donc deux ans ne sont pas consacrés au développement. C’est 3 ans qui sont utilisés quelque soit les efforts fournis, sinon c’est moins de cela qui sont utilisés pour la mission réelle, pour laquelle ils sont élus. Le reste c’est pour des campagnes. C’est soit pour l’installation, ou pour la campagne. Alors, ça ne profite pas beaucoup au pays. Donc, réfléchir pour une combinaison d’élection et penser à la durée de mandat, c’est quelque chose de salutaire pour un pays en voie de développement, puisque l’économie qui en découle, permet d’investir dans le développement dont le pays a temps besoin.

Entretien réalisé par Alpha Madiou BAH

(+224) 621 861 269

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