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Algérie : l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal lui aussi écroué

Au lendemain de l’incarcération d’Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal, autre ancien Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika, a été placé peu avant 15h sous mandat de dépôt par un juge d’instruction de la Cour suprême, dans le cadre de vastes enquêtes sur des soupçons de corruption et de dilapidation de biens publics.

Deuxième sensation en Algérie après le placement en détention provisoire, mercredi 12 juin, de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia. L’autre ex-chef de gouvernement Abdelmalek Sellal, 70 ans, a été placé jeudi sous mandat de dépôt par un juge d’instruction de la Cour suprême.

Arrivé dans la matinée au siège de cette institution, Sellal a été longuement auditionné par le magistrat, qui a ordonné sa mise en détention provisoire dans le cadre d’enquêtes sur des soupçons de corruption, de dilapidation de biens publics, d’abus de fonction et d’octroi d’indus privilèges. Annoncée prématurément par certains médias alors que l’intéressé se trouvait encore dans le bureau du juge, la décision a été confirmée à Jeune Afrique peu avant 15h.

Le dossier d’Abdelmalek Sellal faisait partie d’un ensemble de 11 autres dossiers d’anciens hauts responsables politiques, parmi lesquels Ahmed Ouyahia, Amara Benyounès ou Amar Ghoul, qui ont été transmis à la Cour suprême. Belkacem Zeghmati, le nouveau procureur de la Cour d’Alger à l’origine du mandat d’arrêt contre Chakib Khelil en août 2013, avait remis fin mai à la Cour suprême les dossiers judiciaires de ces dirigeants en vue d’une instruction. Ayant tous été membres du cercle présidentiel, ils sont poursuivis dans le cadre « d’enquêtes préliminaires effectuées par la gendarmerie concernant des faits à caractère pénal », plus particulièrement « pour des faits punis par la loi relative à la conclusion de marchés publics et de contrats contraires à la réglementation et les lois en vigueur ».

Sellal, un pilier du système Bouteflika

Membres de tous les gouvernements entre 1999 et 2017, Premier ministre entre 2012 et 2017, Abdelmalek Sellal a été un des piliers du système de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, dont il était particulièrement proche. Alors que Bouteflika se remettait difficilement de l’AVC dont il a été victime en 2013, Sellal a été fortement pressenti pour prendre la succession du président, avant que l’ex-chef de l’État ne décide finalement de briguer un quatrième mandat.

Depuis, son nom revenait régulièrement comme éventuel successeur. La proximité de Sellal avec le président déchu et son frère Saïd lui a valu d’être directeur de campagne du candidat Bouteflika à quatre reprises, en 2004, 2009, 2014 et 2019.

Avant de prendre la chefferie du gouvernement, Sellal avait dirigé les ministères des Transports, des Travaux publics ou encore celui des Ressources en eau, tous grands pourvoyeurs de marchés publics octroyés à des hommes d’affaires qui font aujourd’hui l’objet de multiples enquêtes. Sellal avait noué de solides liens avec certains oligarques comme Ali Haddad, PDG du groupe ETHRB, aujourd’hui incarcéré, ou encore Ahmed Mazouz, un industriel actif dans le business de l’automobile et de l’agroalimentaire, et dont l’origine de la fortune intéresse la justice algérienne.

Sa fille citée dans les Panama Papers

Abdelmalek Sellal a été éclaboussé par deux scandales dans lesquelles sa fille Rym, âgée de 39 ans et résidant en Grande-Bretagne, tenait un rôle central. En 2015, le nom de cette dernière a ainsi été cité dans le livre Alger-Paris, une histoire passionnelle, en tant que propriétaire d’un appartement de luxe sur les Champs-Élysées, acquis en 2007 et d’une valeur de 860 000 euros.

Une année plus tard, le nom de Rym Sellal apparaissait aussi dans le scandale des Panama Papers, comme bénéficiaire d’une société offshore au capital de 50 000 dollars. Selon des documents publiés dans le cadre des enquêtes, Rym Sellal a profité entre 2005 et 2010 de la société Teampart Capital Holdings Limited (TCH), constituée aux Îles vierges britanniques le 26 octobre 2004 en faveur d’Omar Habour.

Homme d’affaires franco-algérien, ce dernier a été largement cité dans les affaires de corruption liées au groupe Sonatrach. En septembre 2018, il a été condamné par la justice italienne à quatre ans de prison par contumace pour avoir joué un rôle de premier plan dans de nombreux contrats litigieux accordés par Sonatrach à la compagnie italienne Saipem, à l’époque où Chakib Khelil dirigeait le ministère de l’Énergie.

Source : JeuneAfrique

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