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Velléités de changement constitutionnel : un jeune politique écrit au président Alpha Condé (lettre ouverte)

Monsieur le Président de la République !

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La présidence de la République n’est pas une institution comme les autres. Le sens des responsabilités y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence de l’implication et de la clairvoyance plus forte.

Je vous fais cette lettre, que vous lirez peut-être, pour vous rappeler à la raison.

 Il n’est question d’attaquer l’homme, cela ne mène à rien. Il ne s’agit pas d’une menace quelconque, je ne suis le porte-parole de personne. Il s’agit simplement de vous rappeler, en tant que citoyen jouissant de ses droits civiques et politiques, de ce que vos actes en tant que Président de la République ont des conséquences, et que, de ce fait, le pouvoir n’est pas vôtre.

Être Président de la République guinéenne, cela ne signifie pas posséder le pouvoir qui est en soi, l’émanation légitime du peuple.

Cela signifie que vous êtes dépositaire et garant du pouvoir du Peuple guinéens qui vous l’a, provisoirement, confié. Cela vous donne des droits, certes, mais surtout, il vous donne aussi des devoirs et des responsabilités face au Peuple, que vous ne pouvez continuer à feindre d’ignorer.

Monsieur le président, je suis de ceux qui, ont cru en vous dès le lendemain de votre élection en 2010. Le Peuple, peut-être par votre engagement dans la politique depuis des lustres, vous a désigné pour porter ses espoirs et ses valeurs à la tête de l’Etat. En prenant les choses sur cette dimension, on ne trouve rien à redire. Toutefois, sachez que vous avez des comptes à lui rendre. Vous n’êtes pas parvenu au pouvoir parce que vous êtes plus fort ou plus talentueux que les autres. Le peuple vous a choisi pour assouvir sa soif de justice et de développement, malgré ce transfèrement légitime du pouvoir d’exercice, il n’en demeure pas moins vigilant.

De ce fait, Monsieur le Président, rien ne vous permet de remettre en cause les fondements, les valeurs même de ce pays et de son Peuple.

Cependant, lorsque vous bafouez de façon continue le droit des citoyens en foulant à terre toutes les libertés fondamentales qui sont les valeurs de la République par des lois iniques, c’est l’air d’une trahison qui se fait ressentir au sein du valeureux Peuple. De telles pratiques trahissent sans vergogne les valeurs démocratiques de la guinée dont vous êtes, je le répète, le dépositaire et non le possesseur.

Monsieur le président, permettez-moi de vous dire que malgré quelques avancées enregistrées, il reste encore beaucoup à faire dans le cadre démocratique, dans la mesure où la République est menacée aujourd’hui à cause des violations répétées que vous faites de nos lois. C’est pourquoi à travers cette lettre ouverte, je vous invite humblement à respecter le serment que vous avez tenu solennellement lors de votre investiture.

Pour votre information, le peuple ne vous demande pas grande chose, il souhaite que vous respectiez simplement la constitution pour préserver les acquis démocratiques de notre pays et faire fonctionner normalement ainsi que couramment nos institutions.

Monsieur le Président, il n’est pas, pour moi, une question de révolte, mais, vu les crises qui se pointent à l’horizon, je me permets de vous donner ces petits conseils de lecture pour attirer votre attention sur lesdites crises. Car, vous vous doutez bien que vous ne pourrez-vous permettre tous les outrages, toutes les violations sans que cela ne suscite de réactions.

N’entendez-vous donc pas qu’en bas, le Peuple gronde et s’agite ? Il ne se laissera pas priver de ses droits, il empêchera par tous les moyens vos éventuelles envies de 3éme mandat ou d’une révision constitutionnelle et tous vos subterfuges de communiquant n’y pourront rien. Vous serez bien avisé, en professionnel que vous êtes, d’en prendre bonne note.

Monsieur le président, je vous dis tout ceci dans le souci de vous voir partir par la grande porte pour devenir le Mandela de la guinée que vous avez tant rêvé.

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté.

 Vous souhaitant d’entendre mon appel, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes plus citoyennes salutations.

MOHAMED 2 KALLO

RESPONSABLE DE LA COMMUNICATION DU PARTI UMP

JEUNE CANDIDAT AUX ÉLECTIONS COMMUNALES

LAUREAT JAWARDS 2018

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