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Sauvé de l’immigration clandestine par l’OIM, Ismaël Diallo attend sa première récolte de pommes de terre à Popodara

Gagner sa vie dans sa localité de naissance n’a jamais été son premier choix. Mais après avoir passé un temps en Angola avant de rentrer à Labé prendre le chemin du Sahara marocain via le Mali, le Niger et l’Algérie, ce jeune labéen a changé d’avis.

Ismaël Diallo, la trentaine, est marié, père de 2 enfants. Il quitte Labé en 2016 pour l’Algérie via le Mali et le Niger. Un an après, il arrive au Maroc où il passe 4 mois à squatter les abords d’une usine de traitement de poisson située à Dakhla non loin de la frontière mauritanienne.

Sans papiers légaux, Ismaël constate que « la vie est dure à supporter » dans cette zone urbanisée du Sahara marocain. Il décide donc de « remonter à Rabat », mais se retrouve sur le territoire algérien puis, largué à Arlitt dans le désert nigérien. Seul au monde et sans ressources, la chance sourit à Ismaël lorsqu’il rencontre les humanitaires de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Ici, fini le calvaire ! L’OIM lui facilite le retour à Labé où il est accueilli par sa famille le 17 avril 2018. «Après Dieu, j’ai remercié l’OIM pour cette faveur. Maintenant que je suis chez moi ici à Labé, vous savez que la famille africaine est très solidaire, je n’ai jamais manqué de soutien », se souvient Ismaël qui laisse éclater sa joie de retrouver sa mère, son épouse et ses deux enfants « en bonne santé ».

A la chaleur de l’accueil familial, il trouve chez ses parents et amis labéens ainsi que ses anciens compagnons d’aventure ayant des permis de séjour et de travail en Angola, un soutien moral et un appui solidaire empreint d’encouragement à ne plus risquer sa vie sur le chemin de l’eldorado européen. Ismaël prend l’option de suivre les conseils et l’accompagnement de l’OIM qui monte des projets de soutien à la réintégration en faveur de 41 autres anciens immigrants clandestins. «Moi, j’ai été réintégré dans un projet agricole dans la sous-préfecture de Popodra où en équipe de 13 personnes, nous pratiquons la culture de la pomme de terre sur un hectare ».

Mais que sont-ils devenus les autres rapatriés bénéficiaires de ce projet ?

« Certains ont vu que cette aide de l’OIM n’était pas suffisante (à les maintenir sur place). D’autres ont été découragés par la distance à parcourir du centre-ville de Labé où ils résident à la zone agricole. Ils ont donc choisi de démissionner », tente de répondre Ismaël qui trouve quant à lui l’aide convenable. Mieux, ses amis et lui affichent une détermination à se fixer durablement dans l’exploitation de cette portion de terre fertile prêtées à l’OIM par l’Etat guinéen.

Qui veut peut

Il sait que la terre ne ment pas. Toutefois, Ismaël se garde de pronostiquer sur le rendement de sa toute première récolte. Lui qui se présente comme un homme nouveau, décrit avec enthousiasme sa nouvelle vie loin des sentiers tortueux de l’immigration clandestine.

Il est soulagé. Il ne rate aucune occasion pour conseiller aux candidats à l’immigration de bien vouloir utiliser les voies légales, en prenant l’exemple sur l’ancien guinéen d’Angola qu’il est ayant sauvé sa peau de la traite d’êtres humains sur les chemins du Sahara malien, nigérien, algérien et marocain.

Un homme averti en vaut deux. C’est l’une des raisons de sa présence remarquée à la séance de projection du film documentaire sur l’immigration clandestine intitulé Nô Mëtî Sîfâdhe, en poular, Difficile à raconter, le samedi 16 février 2019 dans un compartiment du stade Saifoulaye Diallo de Labé. Un événement soutenu par l’Ong Guinée Solidarité Bordeaux avec l’appui logistique d’Aide & Action. Et qui a été l’occasion pour Ismaël Diallo et ses amis regroupés dans plusieurs associations de rapatriés ou d’anciens immigrants de joindre leur mot aux nombreux témoignages sur les avantages de choisir de rester au pays et devenir un modèle de réussite locale tout en utilisant l’argent destiné à payer les passeurs dans une activité génératrice de revenus. De même que les informations données par des responsables, élus locaux et experts en éducation communautaire, sur les opportunités de formation professionnelle voire d’auto-emploi à saisir dès après le brevet ou le baccalauréat pour tout jeune ne parvenant pas à poursuivre ses études sur place en Guinée ou à bénéficier des facilités qu’offrent les pays occidentaux tel que la France par le biais de Campus France, pour étudier à l’étranger.

Par Le Populaire

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