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Nouvelle Constitution : l’intellectualisation progressive du débat dans les médias (Par Kabinet Fofana)

Précédemment dans le billet « nouvelle constitution : la mobilisation par les réseaux sociaux », je me suis évertué à faire l’état de la controverse via les médias sociaux entre internautes marqués soit « Amoulanfé » soit « Alammané » – les prises de positions se résumant essentiellement aux simples contradictions pour la plupart pas élucidées. Du moins juridiquement comme il en est actuellement. Mais de plus en plus, on assiste à une « intellectualisation » du débat autour de la constitution. C’en est tout de même une évolution parce que le débat quitte carrément les réseaux sociaux  pour investir la sphère intellectuelle !

J’ignore ce que fut le même débat lors de la modification de la constitution intervenue en 2001. Comme à savoir s’il y eut autant de citoyens mobilisés exit les partis politiques. Peu importe ! Mais depuis le début de cette année, la question s’impose et retient plus d’un. En raison de la domination de l’espace médiatico-public par les médias privés, les sites internet et l’usage protestataire des réseaux sociaux, la question intéresse bien plus que les politiques et la société civile. Les citoyens aussi s’y mêlent.

Même si quelques praticiens du droit public à l’entame du débat, s’étaient essayés à donner à celui-ci un aspect juridique, ces contributions sont restées insuffisamment audibles en raison qu’elles n’étaient essentiellement partagées que dans les forums de discussions sur la toile, donc pas tout à fait relayées par les medias classiques. Ce qui réduit  naturellement le champ de profusion de ces réflexions du point de vue que nombre de Guinéens ne pratiquent point les réseaux sociaux. Mais à la suite de la parution dans la presse de la contribution du Professeur Togba Zogbélémou intitulé « Nouvelle constitution en Guinée : une contribution au débat », les médias – radios, télévisions et médias électroniques sollicitent dès lors les universitaires alors que jusqu’ici les rédactions faisaient interagir que politiciens et autres acteurs de la société civile. On peut lire sur les sites internet d’informations nombre de réflexions de juristes qu’ils soient constitutionnalistes ou de simples connaisseurs du droit public.  Quoique les réseaux sociaux soient le cœur informationnel des Guinéens, les médias officiels du fait qu’ils soient indubitablement cet espace de légitimation et de prescription des actualités dans l’espace public, imposent la façon dont devra à présent, se dérouler le débat : les argumentaires juridiques  aussi contradictoires les uns et les autres sont à tout bout de champ repris par les deux positons selon qu’ils arrangent une ou l’autre. Cette tendance a déteint sur les publications des internautes.

Que ce soient les tenants de la nouvelle constitution, les partis d’opposition ou encore les juristes défendant soit la possibilité légale de proposition d’une nouvelle constitution par le président soit l’irrégularité d’édicter une nouvelle constitution, ceci relance la question sur la versatilité des mandats constitutionnels incessamment posée au sortir des mandats des présidents de la République en Afrique. Elle traduit également la fébrilité de nos institutions.

Par ailleurs, A l’instar du parti ARENA qui a pris acte de l’effectivité du débat sur la constitution et qui s’y est officiellement exprimé ou encore du RPG-arc-en-ciel qui s’est prononcé en faveur du projet de nouvelle constitution, les autres partis politiques devraient eux-aussi mettre à contribution leurs conseillers juridiques pour en formuler leurs positions sur le débat en cours.

 

Kabinet FOFANA

Politologue

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